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Je ne courrai plus jamais – ou comment tout peut s’arrêter à tout moment.

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Dernière mise à jour le septembre 20, 2023

10 kilomètres.

C’était l’un de mes objectifs quand j’ai commencé à courir : réussir un 10 kms.

Et j’y suis arrivée !

Un matin un peu plus frais que d’habitude, fin août, au retour des vacances.

J’étais épuisée. Mais tellement contente.

J’en avais parlé en début d’année avec des copines un jour en formation.

« Quelle est la chose que vous aimeriez réussir un jour ? » nous avait demandé la formatrice.
Ma réponse : « courir 10 kms ».
Ça me paraissait tellement fou d’y arriver, il y a 6 mois.

Mais je voulais le faire.
Alors je me suis entraînée. Je n’ai rien lâché.

Ce matin-là, quand j’ai terminé ma course, j’étais tellement heureuse et fière d’y être parvenue. J’ai savouré ma victoire personnelle… Et je me suis surprise à rêver.

Pourquoi pas, un jour, tenter un semi-marathon ? Ce n’est finalement « que » le double. Pas irréalisable, sur le long terme.

Ça serait ça, mon futur objectif.
Courir un semi-marathon. 

Avec l’espoir, secret, d’envisager un jour un marathon.
Inimaginable aujourd’hui, mais pourquoi pas dans quelques années ? Le défi me plaît beaucoup.

Ça me motive, ça me stimule.

Mais chaque chose en son temps.
Déjà, je m’inscris à un petit trail proche de chez moi, à 9kms avec du dénivelé.
Un nouveau challenge qui me réjouit, et qui approche. J’ai hâte !

Je cours depuis presque un an maintenant, et qu’est-ce que j’aime ça !

Oui mais voilà. Tout ne se passe pas toujours comme on veut, dans la vie.

Je ne courrai plus jamais.

Je l’ai appris hier. 
Et j’ai encore du mal à y croire.

Quand la vie décide

Une semaine après ces 10 kms, je cours à nouveau. Un peu moins mais quand même, une belle petite course (pour mon niveau !).

Et environ 1h après avoir couru, il m’arrive un truc bizarre, que je n’ai jamais ressenti avant.

Je suis comme éblouie, puis j’ai une perte du champ visuel inférieur gauche. C’est assez étrange, je ne vois plus tout ce qui se situe sur ma gauche.

Ça a duré entre 30 et 45 min, puis c’est passé.

Attention, si un jour ça vous arrive, c’est un signe fortement annonciateur d’un AVC (Accident Vasculaire Cérébral : des circuits qui se bouchent ou explosent dans le cerveau) : il faut vite consulter, voire faire le 15 ou que quelqu’un vous conduise aux urgences.

J’ai rapidement vu un médecin.

J’ai fait des examens, quelques jours après.

Et en attendant les RDV, j’ai arrêté de courir, par peur d’un truc grave. Et je surveillais le moindre signe de récidive.

  • IRM cérébrale, pour voir si j’avais fait un AVC : tout est normal, mon cerveau va bien (ouf!)
  • Examen ophtalmo : tout est normal également.

Parfait.
Je vais bien.
Je suis contente.
J’ai envie de repartir courir !

Mais ma joie est de courte durée.

J’ai les yeux fragiles.

A 20 ans, j’ai fait un décollement de rétine.
La rétine est indispensable pour voir, c’est là où se forme l’image de ce qu’on regarde. Un décollement de rétine qui traîne et on finit aveugle en quelques mois.

Ma rétine gauche a déjà été opérée, avec laser à plusieurs reprises, puis chirurgie.

Alors, hier, l’ophtalmo me le répète plusieurs fois au cours de la consultation.

« Dans votre cas, avec vos rétines fragiles, la course à pied est plutôt à éviter ».

Les chocs répétés des foulées peuvent créer des fragilités ou micro-lésions qui pourraient provoquer un nouveau décollement de rétine.

Rien de sûr. 
Peut-être que ça n’arrivera jamais.
Mais peut-être aussi que ça arrivera un jour.

Je savais déjà que je devais éviter les choses violentes pour ma rétine : manèges à sensation, saut en parachute… On m’avait même dit que je pouvais l’abîmer à l’accouchement avec les efforts des poussées.

J’ai eu de la chance : ça n’est pas arrivé.

Mais je n’aurais jamais imaginé que la course à pied puisse être un facteur de risque.

Ma très modeste performance 😅 celle que j’imaginais première d’une longue série…

Donc aujourd’hui, voilà mon dilemme.

Soit je continue à courir et je prends le risque de nouveaux problèmes de rétine : besoin de laser, voire de chirurgie, et à terme, risque de perte de la vue si ma rétine est flinguée. 

Soit j’arrête et je préserve ce qui est existant et qui fonctionne encore à peu près (oui, vu mon acuité visuelle, on va dire « à peu près » 😂).

Le choix est vite fait.

Je vais devoir arrêter de courir.

Lorsque l’ophtalmo me l’a annoncé en consultation, ça m’a fait un choc.

Je ne m’y attendais tellement pas.

Tiraillée entre le « je vais bien, tout va bien. Je n’ai fait ni un AVC, ni un nouveau décollement de rétine ».

Et le « mes rêves de course à pied s’écroulent ».

Je perds mon exutoire.
Mon moyen de me défouler.
Et mes rêves de me dépasser.

Je suis sonnée. Effondrée.

La course à pied m’a aidée à passer certains moments difficiles de ces derniers mois. M’a permis de tenir quand j’avais l’impression que tout foutait le camp.

« Il vaut mieux que vous fassiez du vélo ou de la natation » me dit l’ophtalmo.

Je retiens mes larmes. 

Mais à peine retournée à la voiture, j’explose.
J’ai un sentiment d’injustice.

Je n’avais pas commencé depuis longtemps, mais y avais pris goût. 

Enfiler les baskets.
Et partir.
Là où ça me dit.
Découvrir les petits sentiers autour de chez moi.
Aller de plus en plus loin. 
Être fière de mon évolution.
Me vider la tête.
Rentrer sereine.
Me sentir plus forte.
Prête à affronter plusieurs journées bien remplies avec ses lots de stress et de tensions.

Plus jamais.

J’ai du mal à croire que tout s’arrête là, comme ça, alors que je vais bien.

J’ai passé ma journée d’hier à pleurer entre mes RDV.

Bien sûr, je suis bien consciente que j’ai énormément de chance de ne rien avoir de grave aujourd’hui. 

Et de pouvoir être mise en garde avant que quelque chose de plus sérieux ne m’arrive.

« Ça va, tu peux juste pas courir » m’a répondu une copine ce matin.
Oui, c’est vrai… Mis en parallèle de beaucoup de problèmes, ce n’est vraiment pas grand chose !

Mais je dois tout de même accepter que je ne courrai plus jamais, alors que j’adorais ça.
C’est un deuil à faire.
Oui, il y a pire.
Il me faut juste un peu de temps pour le digérer.

Et trouver autre chose qui remplacera mes sorties footing.

Je n’étais donc pas faite pour la course à pieds…

J’ai désinstallé l’appli de course de mon téléphone.
Je vais quitter les groupes Facebook de running.
Je ne commanderai pas la montre connectée qui me faisait de l’œil pour mes futures courses.

Je ne ferai jamais de semi-marathon, et encore moins de marathon (maiiis je tenterai peut-être un barathon un jour 🤣)

C’est comme ça.

Le « destin » a décidé pour moi.

Il faut avancer.
Et s’adapter.

La vie est belle.
Savourons chaque instant. Tout peut s’arrêter à tout moment.

Je vais accepter.
Et rebondir.

Mais attention, rebondir doucement, pour éviter les chocs pour mes rétines… 😉

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