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De la naissance à la marche : les 12 points essentiels pour favoriser la motricité de bébé

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Dernière mise à jour le août 13, 2021

Avez-vous déjà observé les mouvements de votre bébé ?

La façon dont il bouge. Ce qu’il est capable de faire. Ce qu’il cherche à faire.

Avec ses bras, ses mains, ses jambes, ses pieds, sa tête…

C’est fascinant !

Quand le tout-petit développe sa motricité et toutes ses facultés pour se mouvoir, il effectue un travail incroyable.

Il coordonne, le haut du corps avec le bas du corps, son côté gauche avec son côté droit pour parvenir à se retourner, s’élever, se maintenir et se mouvoir.

Il développe tellement de compétences motrices jusqu’à parvenir à la marche, c’est du grand art !

Et nous, adultes, nous pouvons l’aider.

Mais pas forcément de la façon dont on pense de prime abord…

On a beaucoup de choses à faire et à proposer pour l’accompagner.

Mais aussi beaucoup de pièges à éviter !

Dans cet article, je vais vous donner toutes les informations nécessaires pour que vous puissiez favoriser le développement moteur de votre tout-petit de façon adaptée.

Et vous allez voir que, comme souvent, tout est une question de dosage : il ne faut pas trop intervenir, mais il faut quand même être présent !

Vous pourrez voir ici et là quelques photos de mes filles au quotidien dans leurs apprentissages moteurs.

Comment se développe la motricité ?

Les informations de cette partie proviennent de l’excellent livre de Michèle Forestier : De la naissance aux premiers pas – Accompagner l’enfant dans ses découvertes motrices.

Vous pouvez aussi regarder sa conférence en vidéo : « Développement moteur de l’enfant« .

J’aborde également dans cet article le livre de Chantal de Truchis : L’éveil de votre enfant – le tout-petit au quotidien.

Tous les bébés développent leur motricité sensiblement de la même manière.

Michèle Forestier décrit trois grandes phases de la naissance à la marche.

1. La phase statique : bébé ne peut pas encore se déplacer (environ jusqu’à 6 mois)

C’est quand votre bébé est sur le dos et qu’il ne peut pas se mettre seul dans une autre position.

Mais attention ! « Il ne peut pas se déplacer » ne veut pas dire qu’il ne fait rien !

Il se passe énormément de choses pendant cette phase : bébé bouge ses bras et ses jambes, et prend conscience de sa capacité à se mouvoir.

Il apprivoise les sensations de son corps et observe tout l’environnement qui l’entoure.

Mélodie sur son tapis (6 mois)

Petit à petit, il va découvrir ses mains et commencer à attraper des objets. Il va décoller ses pieds du sol quand il est sur le dos et les attraper avec ses mains.

Puis, il va parvenir à se tourner sur le côté… Et au bout de quelques temps, il sera sur le ventre ! C’est à partir de cette position plat-ventre qu’il va pouvoir se déplacer.

2. La phase dynamique : bébé effectue ses premiers déplacements seul (environ de 5 à 10 mois)

Quand il réussi à se mettre sur le ventre, bébé n’est pas toujours à l’aise pour revenir seul sur le dos. Il lui faudra un peu d’entrainement pour maîtriser les retournements dos-ventre et ventre-dos.

Il enchainera ensuite avec :

  • les roulés-boulés ;
  • le ramper vers l’arrière : en poussant avec ses bras, il recule ;
  • le pivot : quand il pivote sur son ventre ;
  • le ramper vers l’avant : grâce à la traction de ses bras et la propulsion de ses jambes, il peut se déplacer où il souhaite ;
  • le quatre-pattes : ce déplacement lui permet d’explorer son environnement et de se déplacer rapidement pour circuler dans la maison. Il renforce ainsi les muscles de son cou, ses bras et la coordination de ses membres.

A propos de la marche à quatre pattes :
« La plupart des tout-petits laissés libres dans leur motricité passent par cette étape . Ceux qui ne le font pas à ce moment-là ont beaucoup de plaisir à le faire plus tard. »

Michèle Forestier – De la naissance aux premiers pas
Ici, Valentine (7 mois) a décollé non seulement son ventre, mais aussi ses genoux. Elle utilise ses mains et ses orteils pour se maintenir.

3. La phase de découverte de la verticalité : bébé se redresse progressivement pour arriver à la position debout puis marcher (après 8 mois)

Et voilà les étapes suivantes : bébé est en route vers la position debout !

  • La position assise : C’est seulement vers 8 – 10 mois que bébé va parvenir à se mettre assis. Il lui faudra encore quelques semaines pour bien tenir seul dans cette position.
  • La position à genoux : contrairement à la position assise, là bébé peut décoller ses fesses pour s’élever en hauteur.
  • La position debout : bébé peut alors se mettre debout, d’abord en se tenant, puis se lâcher progressivement.

Vous devez le savoir, mais je vous le redis une nouvelle fois ici : chaque bébé va à son rythme. Les âges donnés sont approximatifs et il ne faut pas paniquer si votre bout de chou dépasse un peu ces limites. Certains bébé marchent à 10 mois, et d’autres à 18, et ils se portent tous aussi bien 🙂

Et le voilà aux portes de la marche !

Voilà ce que nous dit Michèle Forestier dans son ouvrage :

« Dans l’idéal, avant de pouvoir marcher, le bébé doit avoir :
– une musculature suffisante pour tenir la tête et les positions verticales
– des réactions d’équilibration pour maintenir durablement ces positions.

Il doit savoir :
– faire des roulés-boulés et tous les autres déplacements au sol
– se protéger avec les mains en cas de chute
– transférer le poids du corps de droite à gauche et d’avant en arrière
– monter et descendre les escaliers à quatre pattes en toute sécurité
– tenir debout sans appuis
– se mettre debout seul au milieu d’une pièce. »

Michèle Forestier – De la naissance aux premiers pas

Mais alors, que faut-il faire pour aider bébé à développer tout cela ?

La réponse tient en deux mots : la « motricité libre ».

La motricité libre, c’est quoi ?

C’est un concept été inventé par le Dr Emmi Pikler, pédiatre, dans les années 1960, et très largement répandu depuis.

La motricité libre consiste à laisser l’enfant effectuer seul son développement moteur sans avoir besoin de l’intervention d’un adulte. Concrètement, le tout-petit est laissé libre de ses mouvements, ce qui lui permet de bouger et progresser à son rythme.

Respectueuse de l’enfant, adaptée à sa propre évolution, la motricité libre est aujourd’hui beaucoup pratiquée par les parents, les assistantes maternelles ou les professionnels de crèche.

Il existe même des groupes Facebook pour échanger à ce sujet : Groupe d’échange motricité libre et Motricité libre de l’enfant.

Dans les 12 points suivants, vous allez voir que, si l’adulte ne doit pas intervertir dans le développement moteur du bébé, il peut toutefois contribuer à favoriser son environnement.

1. Laissez dès que possible votre bébé à plat sur le dos

A plat, sur le dos, sur un tapis, quelques jouets à droite et à gauche. Et ça suffit. La motricité libre, c’est très simple ! Ici, Valentine, 3 mois.

C’est le principe de base.

Pour pouvoir être libre de ses mouvement, le tout-petit doit être un maximum laissé à plat-dos au sol.

A la naissance, il s’agira de quelques minutes durant les temps d’éveil. Puis, progressivement, bébé pourra y passer de plus en plus de temps. Il développera ainsi de lui-même sa motricité.

L’idéal est de choisir un tapis, que vous laissez au sol, dans votre salon, si vous avez de la place, ou dans la chambre de bébé. Vous pouvez aussi l’amener partout avec vous pour y poser votre bout de chou dès que vous le souhaitez.

Pensez à ne pas poser bébé toujours dans le même sens, pour qu’il n’ait pas à tourner systématiquement la tête du même côté pour observer la pièce.

Voici quelques exemples de tapis que vous pouvez choisir :

2. Passez du temps avec bébé sur son tapis

Votre petit amour doit associer le tapis à un lieu rassurant, sur lequel il a plaisir à rester, bouger et jouer.

Régulièrement, restez avec lui sur son tapis.

Pensez à varier l’endroit où vous vous mettez par rapport à lui, pour qu’il n’ait pas besoin de tourner la tête toujours du même côté pour vous regarder.

Vous pouvez lui parler, commenter ce qu’il fait, ce qu’il observe, ce qu’il tient dans les mains, valoriser ses efforts « ouah dis-donc, tu arrives à te mettre sur le côté, bravo ! », lui montrer ses jouets, lui donner dans les mains…

Amusez-vous avec votre bébé, profitez du temps ensemble, admirez-le, lui, le petit être le plus merveilleux que la Terre n’ait jamais porté…

Essayez aussi d’observer ses actions, ce qu’il fait avec les objets : vous pourrez prendre conscience de ses premières découvertes et ses premières expériences. De cette façon, vous saurez exactement ce qui l’intéresse et quoi lui proposer comme matériel ou comme activité.

Si vous ne le connaissez pas encore, je vous invite à découvrir le livret « Bébé, dis-moi comment tu joues ».

3. Proposer de temps en temps la position plat-ventre

Si la position de base sur le tapis est bien le plat-dos (couché sur le dos), vous pouvez toutefois proposer à votre bout de chou la position plat-ventre.

Au départ, il ne sera pas à l’aise. Cette position demande de gros efforts à bébé pour essayer de tenir sa tête très lourde. Mais petit à petit, au bout de quelques semaines, il y parviendra de mieux en mieux.

Ça commence de quelques secondes dès la naissance, au moment des changes par exemple, à quelques minutes ensuite.

L’intérêt est que bébé puisse muscler sa nuque pour relever sa tête. Il pourra également plus facilement « retrouver » cette position lorsqu’il est sur son tapis de jeu sur le dos : il cherchera à se retourner pour y revenir.

Maintenant, je vous propose d’aborder plus précisément le « coin-jeu-motricité » de votre petit loup.

4. L’organisation de l’espace de jeu

Votre bébé a besoin d’un espace de jeu aéré et dégagé.

Vous connaissez l’expression « le mieux est l’ennemi du bien ». Trop de jouets c’est trop d’informations visuelles pour le bébé.

Quelques jouets, c’est bien. Plein partout, c’est trop : il ne sait plus où donner de la tête et ne s’y intéressera pas. Vous pouvez devenir minimaliste du jouet en toute sérénité !

Lorsque votre bébé est sur son tapis de jeu, vous placez quelques jouets à sa gauche et à sa droite, cela lui donnera l’envie de tourner sa tête sur les côtés et petit à petit son corps entier. Et vous pouvez varier régulièrement les jouets, il prendra plaisir à les redécouvrir.

Un mot sur l’arche de jeu / le portique. C’est un matériel à limiter car il aura tendance à maintenir bébé allongé, la tête fixe dirigée vers les jeux. S’il peut plaire à bébé les premiers mois, le portique ne doit pas être laissé en permanence, au risque de freiner l’envie de bouger de bébé. Les figurines doivent de préférence se situer au-dessus du ventre de bébé (et non pas juste au-dessus de ses yeux), ainsi il pourra tenter de les toucher ou les attraper avec ses mains.

Mais avec modération : des moments avec le portique pour l’éveil, le plaisir, c’est bien, mais pas trop souvent pour laisser à bébé l’envie d’aller découvrir le reste de son environnement.

La motricité libre, c’est aussi dehors : une grande couverture dans l’herbe et ça roule ! Les filles et Nala notre chatte sont ravies !

5. Limitez le transat

Le défaut du transat, c’est qu’il maintient bébé dans une position fixe : il est attaché et ne peut parfois pratiquement pas bouger, même ses membres.

Les puristes de la motricité libre vous diront « pas de transat, c’est le mal absolu ».

Je n’aime pas les courants de pensée extrême (dans tous les domaines de la vie 🙂 ). Donc je ne rejoins pas ce diktat du zéro-transat.

Mon avis personnel est que, dans les premiers mois, un transat peut être utile. Nous avions le transat Beaba up and down, réglable en hauteur, je l’ai trouvé vraiment bien. Il permet de :

  • mettre bébé à la même hauteur de la famille durant le temps du repas ;
  • mettre bébé en hauteur si vous avez des animaux et que vous ne voulez pas le laisser sans surveillance (si vous allez vous doucher par exemple) ;
  • redresser un peu bébé après les repas, notamment en cas de reflux, si le garder dans les bras ou le mettre en portage n’est pas possible…

C’est comme beaucoup de choses : le transat c’est utile, mais il ne faut pas en abuser. C’est un super outil, mais il doit rester ponctuel, quelques minutes, et l’enfant doit avoir beaucoup d autres expériences motrices. 

Même remarque pour le cosy ou la poussette.

Attention, bébé doit toujours être attaché dans le transat ! J’ai déjà entendu des mamans dire qu’elles n’attachaient pas leur bébé en transat pour qu’il soit « plus libre »… Ne faites pas ça, c’est une question de sécurité. Il sera plus libre à un autre moment, quand vous le mettrez sur son tapis.

D’autres achats pour bébé : bonne ou mauvaise idée ?

6. Les autres matériels pour bébé

Le parc : il peut permettre de sécuriser l’espace pour bébé à certains moments (isoler des animaux : plus sécurisé lorsque l’adulte n’assure pas une surveillance directe), mais ne doit pas être utilisé en permanence pour laisser au tout-petit la liberté de se déplacer et l’explorer l’espace.

Le chariot de marche : il peut être proposé quand bébé se tient bien debout, pour l’accompagner dans ses premiers pas.

Le porteur : c’est un chouette outil qui peut permettre à bébé de se déplacer autrement qu’au sol avant de savoir marcher.

L’écharpe de portage : Complémentaire au temps de motricité libre, elle est très utile et a beaucoup d’avantages. Si vous voulez en savoir plus, retrouvez mon article 10 clés pour réussir le portage physiologique de votre bébé.

Les modules de motricité : pas indispensables selon moi, mais tout dépend de votre aménagement et de vos souhaits. Une boîte de rangement assez large et solide, un carton rempli d’affaires, un petit matelas au sol, le canapé, une chaise, un fauteuil… L’enfant a souvent déjà beaucoup de choses à sa disposition à l’intérieur pour s’entraîner à grimper, d’autant que l’achat de ces modules représente souvent un certain coût.

Le Youpala ou trotteur : à bannir. Inutile et même délétère et dangereux. Il maintient bébé debout par l’entre-jambe, l’oblige à maintenir droit son dos qui n’est pas forcément encore prêt, le contraint à pousser avec la pointe de ses pieds… Bref, très nocif pour la posture de bébé. Dans certains pays même, le Youpala est interdit (au Canada par exemple).

Les coussins ou boudins pour caler assis : à bannir, inutiles et même délétères. Ils maintiennent bébé assis alors qu’il ne sait pas tenir seul et probablement pas sortir de la position seul.

Et le matériel pour soutenir bébé dans le bain : bonne ou mauvaise idée ? Voyons ça…

7. Le bain libre

Faire prendre le bain de bébé en motricité libre, c’est le bain libre.

Comment ça marche ?

Dans votre baignoire, vous mettez un fond d’eau à la bonne température, et vous y installez votre bout de chou sur le dos. L’eau doit arriver au niveau de ses oreilles.

Et voilà, c’est aussi simple que ça, vous n’avez qu’à l’admirer prendre plaisir à gigoter avec ses mains et ses pieds !

Il faut bien sûr, rester à côté de bébé en permanence, car certains bébés vont parfois tenter de tourner la tête pour observer l’eau. D’autres, plus grands, essayeront de se retourner ; il faut donc une vigilance continue.

Tout le matériel de bain est inutile : pas besoin de transat, d’anneau de bain, etc. Quelques jouets et c’est parfait.

Si vous n’avez qu’une douche, vous pouvez pratiquer le bain libre dans une petite piscine pour bébé de Décathlon par exemple.

Repassons maintenant à l’espace de vie pour parler d’un sujet d’une importance capitale : la sécurité.

8. Sécurisez l’espace, mais pas n’importe comment !

L’espace de bébé doit être sécurisé. « Motricité libre » oui, mais sans risques !

Même avec un tapis de jeu, on finit souvent sur le carrelage… mais ça fait partie de l’apprentissage ! (Mélodie, 10 mois)

Alors, attention… il y a deux sortes de sécurisation.

La première : la sécurisation de l’espace, indispensable car c’est vital pour le bébé :

  • pas d’accès aux escaliers, à la cheminée : barrières de protection
  • séparation entre bébé et les animaux qui pourraient potentiellement représenter un danger (chien notamment) : barrières de protection
  • pas d’accès à des placards dont le contenu est dangereux : bloque-placard, loquet de sécurité
  • des coins de tables risqués : angles de protection

La seconde : la sécurisation inutile. On ne sécurise pas les angles de tous les meubles, les angles des portes, des chaises…

En fait, il faut savoir que se cogner, tomber (se faire des « beugnes » comme on dit en Lorraine) font partie de l’apprentissage. C’est en se tapant à un angle de meuble que le bébé comprendra que ça peut faire mal. Il pleurera une fois, peut-être deux fois, mais la fois suivante, il saura qu’il faut faire attention et anticipera.

C’est en trébuchant dans une marche et en tombant une première fois, puis une deuxième, qu’il sera ensuite attentif pour éviter la troisième chute !

Un dernier mot à ce sujet : j’ai déjà vu des casques, « coussins de protection de tête » ou autres matériel pour « protéger » le bébé en cas de chute par exemple. Non seulement ils sont inutiles, mais il sont en plus délétères. Il ajoutent du poids inutile à l’enfant et modifient son centre de gravité. Le risque de chutes sera donc plus élevé lorsqu’on enlèvera ces équipements de protection.

Autre principe extrêmement important…

9. Ne pas mettre bébé dans une position qu’il ne peut pas atteindre seul et dont il ne peut pas sortir seul

C’est un point fondamental !

Tout enfant sera capable de s’asseoir seul. Même s’il n’a jamais été placé en position assise de sa vie.

Il n’est pas utile et même il peut être mauvais pour bébé de le mettre assis alors qu’il n’est pas prêt : tensions, crispations, positions pour « compenser », difficultés à se mouvoir seul, à trouver seul cette position et à en sortir…

De la même façon, il ne faut pas forcer un bébé à tenir debout, ou le tenir debout par les bras pour le faire marcher.

« Observez ce qui se passe alors : le corps est arqué, les fesses tendues vers l’arrière ; il se tient souvent sur la pointe des pieds sans aucune souplesse pour parer aux chutes. Le plus ennuyeux est sans doute que le bébé n’explore pas les mille possibilités de son corps, il n’éprouve pas son équilibre, son centre de gravité, il n’a pas l’expérience de rouler sur lui-même.
La première représentation de son corps, qui risque de rester gravée en lui, est celle d’un effort, d’une tension pour tenir, d’une crispation ; ce n’est pas l’aisance, la détente, le plaisir.
Et, pendant qu’il est ainsi occupé à se tenir, il ne peut découvrir le plaisir d’explorer, de manipuler les objets variés qui sont autour de lui. Il apprend à dépendre des adultes puisqu’il a besoin d’eux pour se relever.

L’éveil de votre enfant, le tout-petit au quotidien – Chantal de Truchis

A l’inverse, lorsque l’enfant développe à son rythme ses compétences motrices et parvient à se mettre assis, puis debout seul, on observe de très nombreux effets positifs :

On est d’abord frappé de l’harmonie, de la plénitude des gestes, qui sont calmes, sûrs. Ces enfants se tiennent droit, marchent bien plantés sur leurs deux pieds. Ils savent se protéger lors des chutes car ils apprennent dès leurs premiers mouvements à ne compter que sur eux-mêmes : c’est un autre élément d’observation de s’apercevoir qu’ils ne s’aventurent (presque) jamais dans des situations trop difficiles pour eux.
Ils ont fait mille expériences de leur corps dans toutes les positions, avec une concentration d’esprit qui a dû les aider à acquérir une conscience précise de ce qui se passe en eux.

L’éveil de votre enfant, le tout-petit au quotidien – Chantal de Truchis

Alors, on laisse notre bébé se débrouiller à son rythme, il y arrivera !

Deux petites précisions pour la position assise :

  • Sur vos genoux : vous pouvez asseoir votre bout de chou sur vos genoux même s’il ne sait pas encore se mettre assis seul, mais arrangez-vous pour que son dos soit appuyé contre votre ventre pour éviter les tensions.
  • Pendant le repas : si votre enfant tient assis, vous pouvez l’asseoir dans une chaise adaptée. En effet, la position assise est la plus adaptée pour les repas.

10. Accompagner les déplacements

Quand bébé commence à se déplacer, il va dans tous les recoins de la maison, il grimpe, escalade, descend, remonte, enjambe…

S’il est important de sécuriser les lieux pour ne pas que bébé y ait accès seul, il me semble tout aussi important qu’il puisse y accéder sous votre surveillance et soutien.

Même si ça peut paraître dangereux, si bébé essaie, laissez-le faire si c’est possible, tout en restant à proximité pour le sécuriser afin qu’il ne se blesse pas.

Par exemple : s’il veut monter les escaliers et que vous êtes présent : permettez-lui de le faire, tout en restant bien derrière (sans le toucher), pour anticiper un éventuel déséquilibre.

De même, s’il veut descendre les escaliers, mettez-vous devant mais laissez-le faire seul, sauf si vous sentez qu’il a besoin de votre aide, ou de votre main pour assurer son équilibre.

C’est en faisant ces expériences motrices que votre bébé prendra confiance en lui et en ses capacités.

Finalement, vous remarquerez que la plupart du temps, vous êtes là en renfort, mais il n’a pas besoin de vous : les bébés qu’on laisse en motricité libre parviennent naturellement à estimer ce qu’ils sont capables de faire et ne pas faire.

Et il vaut mieux le laisser faire sous surveillance, plutôt que de l’empêcher de le faire systématiquement, car c’est prendre le risque qu’il le fasse « en cachette » contre votre volonté et sans adulte présent à ce moment-là !

Alors bon, ça n’est pas toujours facile, car bien souvent, on a autre chose à faire que d’attendre 18 min dans l’escalier ou à côté du toboggan qu’il finisse de monter… Mais ce sont des expériences motrices très importantes pour votre bout de chou, et c’est une période qui ne dure pas. Promis 🙂

Mélodie à 11 mois, qui remonte le toboggan à l’envers. J’en ai passé, des heures et des heures à ses côtés afin de la laisser expérimenter, tout en la sécurisant.

11. Bébé doit être à l’aise !

Privilégiez les tenues confortables. Des vêtements souples, pas trop serrés, pas trop larges non plus.

Attention aux jolies tenues dans lesquelles le bébé va être tout-mignon-craquant, mais absolument pas à l’aise pour se mouvoir.

Certaines robes ne sont pas pratiques. Par exemple, lorsque votre petite fille commence à marcher à 4 pattes, si à chaque mouvement, le genou se coince dans la robe, elle risque de bien vite abandonner tous ces efforts…

Certains jeans ou chemises non plus. Imaginez votre petit gars en joli jeans non-stretch et en petite chemise trop-la-classe mais hyper étriquée et empêchant la liberté de mouvements…

De toute façon, vous le savez aussi bien que moi, peu importe leur tenue, nos petits amours restent de loin les plus beaux du monde. Donc autant qu’ils soient bien confortables et libres dans leur mobilité.

12. Et les chaussures alors ?

Hé bien l’idéal est que bébé soit pieds-nus le plus plus souvent possible.

C’est en étant pieds-nus qu’il va pouvoir développer et renforcer tous les muscles de ses pieds. Il ressentira mieux les sensations et les informations proprioceptives qui lui permettront une meilleure conscience de son corps.

Attention aux chaussettes, qui peuvent faire glisser bébé et entraver sa mobilité (vous avez déjà essayé de ramper avec des chaussettes aux pieds, vous ?)

Pour l’extérieur, choisissez des chaussures souples, qui vont laisser à l’enfant les sensations et faire fonctionner les muscles de ses pieds.

Pourquoi pas de chaussures montantes, rigides, qui « tiennent bien le pied » ? Parce qu’elles contrarient le bon déroulement du pas. Elles ne le feront pas marcher plus vite.

En fait, elles font un effet « après-ski ». Vous la connaissez, la sensation quand vous marchez avec des après-skis. Pas pratique n’est-ce-pas ? Hé bien pareil pour bébé et ses chaussures montantes !

Pieds nus, à 4 pattes, Valentine (10 mois) explore les recoins de la maison, et va dire bonjour à Grisette !

BONUS : Gérer l’entourage et les remarques

Comment aborder la motricité libre sans évoquer l’entourage ?

Que celui qui lit cet article et qui n’a jamais entendu Mamie Jeannine ou Tante Alberte dire qu’il faut « des chaussures qui tiennent bien le pied » se signale tout de suite.

Ce qui est difficile avec la parentalité, c’est souvent l’entourage, en fait. Et au sujet de la motricité de bébé, tout le monde a toujours son avis à donner (sur tous les sujets d’ailleurs, mais la motricité arrive à mon avis dans le TOP3).

« Il lui faut des chaussures qui tiennent bien le pied »
« Mets-le dans un Youpala pour qu’il marche »
« Mais pourquoi tu ne la mets pas dans le parc toute la journée, tu serais plus tranquille ! »
« Il a envie que tu le mettes assis, mets-le assis, pourquoi tu ne le mets pas assis ? »
« Elle est tout le temps par terre, elle va être toute sale! »
« Mais il ne marche toujours pas ?? »

Je suis sûre que tout parent normalement entouré a déjà au moins entendu une de ces phrases une fois dans sa vie.

Faites-vous confiance.

Vous voulez le meilleur pour votre bébé et vous faites de votre mieux. Et ça c’est déjà énorme.

Vous avez toutes les cartes en main avec cet article.

Et si vous voulez, imprimez-le pour donner à Mamie ! (ou envoyez directement le lien de la page, si votre mamie est une sénior-connectée).

« Votre tout-petit est en bonne santé, c’est cela qui compte ; essayez de vous détacher de ces remarques, même si ce n’est pas facile ! Énumérez tout ce qu’il sait faire : rouler, ramper, escalader… Le petit copain qui marche n’en est peut-être pas capable. Pensez que d’autres rencontrent, c’est sûr, les mêmes difficultés que vous, cela vous aidera. »

Michèle Forestier – De la naissance aux premiers pas

En conclusion

En fait, la motricité libre, c’est assez simple finalement, et ça ne coûte pas cher !

Pas besoin de coin aménagé hyper sophistiqué.

Un tapis. Quelques jouets. De l’espace.

Et surtout, votre présence et votre amour.

Une dernière recommandation : si vous avez des doutes concernant le développement de la motricité de votre petit amour : parlez-en à votre médecin ou pédiatre. Si besoin, il vous orientera vers un kiné, un psychomotricien ou tout autre professionnel qu’il estime nécessaire.

Je vous souhaite de beaux moments de jeux sur le tapis 🙂

A très vite,

Nathalie

Certains liens de cet article sont affiliés, c’est à dire que si vous commandez en cliquant sur ces liens, vous payez le même prix qu’ailleurs, mais une toute petite partie de la somme me sera reversée. J’ai volontairement choisi des enseignes connues et de qualité. Mais vous pouvez aussi commander ailleurs, vous faites ce que vous voulez 🙂

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