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De la diversification à l’alimentation autonome : 18 conseils pour favoriser les repas de l’enfant

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Dernière mise à jour le juillet 11, 2022

S’il y a bien une étape primordiale dans la vie d’un enfant, c’est sa diversification alimentaire !

Cette phase où le tout-petit, minuscule et adorable bébé passe de l’allaitement au sein ou au biberon, totalement dépendant de l’adulte, à une alimentation variée et autonome.

Vous êtes professionnel de la petite enfance et vous ne savez pas toujours comment faire ?

Vous allez diversifier votre petit amour et vous vous posez 1000 questions ?

Peut-être que la diversification a déjà commencé, et que certains repas sont source de questionnements, conflits ou inquiétudes pour vous ou pour l’enfant ?

Du petit déjeuner au dîner, en passant par le repas de midi puis le goûter… Pas moins de 4 repas par jour, soit 28 dans une semaine ou 1456 dans l’année !

Autant dire qu’il ne faut pas se louper, sinon ça en fait des moments de galère !

Dans cet article, je vous présente 18 conseils pour faire des repas des moments sereins et apaisés, de bonheur absolu (je vous le vends bien, hein !)

On va parler méthodes de diversification, matériel, astuces, lâcher prise, peur de l’étouffement, troubles de l’oralité…

Autant vous dire que vous allez en avoir des infos 🙂 certaines que vous connaissez peut-être déjà, d’autres que vous découvrez…

Alors, installez-vous confortablement… Et c’est parti !

Pour commencer, je vous propose qu’on se penche sur ce qu’il se passe dans le corps de l’enfant quand il mange (et c’est pareil pour nous adultes).

Manger : comment ça marche ?

L’enfant prend les aliments dans sa bouche : c’est la phase orale.

Selon la consistance, il les mastique à l’aide de sa langue et ses gencives ou ses dents.

Puis, il les avale, c’est la phase de la déglutition. Et pour que ça marche, il se passe plusieurs choses :

  • La langue propulse les aliments mâchés vers l’arrière de la bouche.
  • Le voile du palais (ou « luette ») vient se coller au pharynx, pour que les aliments ne remontent pas par le nez (ça marche sauf si Tonton vient s’amuser à faire le moustique écrasé à la vitre pour nous faire rire en même temps)
  • L’épiglotte s’abaisse pour recouvrir le larynx et la trachée (voie qui va vers le poumon, utilisée pour respirer), afin que les aliments puissent glisser vers l’œsophage et l’estomac.

C’est aussi simple que ça, mais mine de rien c’est du grand art !

Et donc, pour que l’enfant en arrive là, il va passer par plusieurs mois de découvertes et d’expérimentations : la diversification alimentaire.

Ou plutôt LES diversifications alimentaires !

Les diversifications alimentaires

Actuellement, deux grands « courants » s’opposent à ce sujet.

La diversification « classique »

Probablement comme nous l’avons tous expérimenté quand nous avions quelques mois, des culottes courtes, que Mitterand était président (ou Chirac ? ou Giscard ? Attention au coup de vieux !), et que des K7 de Johnny, Goldman ou Carlos tournaient à fond dans la maison.

Pour résumer, on donne à bébé des purées, compotes, yaourts, d’abord quelques cuillères, bien lisses. Puis on augmente les quantités, et au fil des mois les consistances s’épaississent.

On passe des purées lisses, totalement mixées, à moulinées/hachées, avec grumeaux de plus en plus épais, pour en arriver aux aliments solides.

La DME, Diversification Menée par l’Enfant

Elle consiste à proposer à bébé des morceaux dès le début de sa diversification vers 6 mois (quand il se tient bien assis).

Il s’alimente seul à l’aide de ses doigts puis apprend progressivement à utiliser les ustensiles.

Chacune de ces méthodes a ses avantages et ses inconvénients, je pourrai vous en parler plus en détail dans un prochain article si vous voulez.

Et si on pouvait concilier les deux ?

Aujourd’hui, il existe une troisième voie, qui semble être la plus sage, c’est de combiner les deux. Proposer à bébé des purées, compotes, yaourts, mais également des aliments à texture fondante au cours de la diversification.

On va y revenir plus loin dans l’article.

Une petite précision avant : ces conseils sont donnés à titre d’information Ils n’ont pas valeur de conseil médical, et ils sont bien sûr à adapter à l’enfant, à vos possibilités et à la réalité de votre structure ou de votre famille.

Ils risquent de ne pas tous vous plaire (haha), mais ils ne sont pas à prendre au pied de la lettre, vous restez libre de faire vos choix comme vous voulez et, surtout, comme vous pouvez.

Allez, c’est parti !

1. Quand c’est possible, laissez l’enfant toucher et manipuler la nourriture avec ses doigts

On entre directement dans le vif du sujet : premier point qui risque de contrarier, si ce n’est vous, mais certaines collègues ou peut-être mamie-belle-maman-qui-ne-peut-pas-supporter-de-voir-ca… !

C’est en manipulant avec ses mains que le tout-petit va pouvoir découvrir les aliments et leurs propriétés physiques : les textures, les matières, les températures… mais aussi qu’il comprendra qu’il peut toucher, appuyer, soulever, secouer, pincer, serrer, passer d’une main à l’autre, mettre en bouche, faire tomber…

Toutes ces petites choses qui paraissent anodines pour nous mais qui sont un véritable travail d’expérimentation scientifique pour votre loulou.

A ce sujet, pour aller plus loin sur les découvertes par le jeu du tout-petit, vous aurez tout dans mon livret Bébé dis-moi comment tu joues en libre téléchargement :

Au fil des mois, vous verrez qu’il aura moins besoin de toucher pour expérimenter… Cette période ne durera pas, promis !

Allez, on continue dans les conseils qui risquent de ne pas plaire à tout le monde !


2. Lâchez prise sur la propreté et le gâchis de nourriture

Plus facile à dire qu’à faire… Mais pendant quelques mois (années?), le sol de votre cuisine risque de ressembler à la race de chiens vénérée par Cruella : criblé de taches !

Et malheureusement, il y a peu de solutions, à part se blinder psychologiquement, se dire que ok, il y en a partout, mais ce petit être humain est en train d’apprendre à se nourrir seul pour le reste de sa vie, excusez du peu !

Pour vous aider à passer le cap, vous pouvez utiliser des bavoirs classiques, mais il existe aussi des bavoirs « récupérateurs », des bavoirs « couvre-tout » et même des tapis de protection à mettre sur la chaise haute ou en-dessous.

Mais, en plus de salir, il risque d’y avoir pas mal de risque de gâchis ! Comme pour le reste, ça ne dure qu’un temps, ça fait partie de l’apprentissage.

Ici, on récupère ce qui peut l’être (repas non fini qu’on termine ou qu’on met dans un tupp pour les repas suivants).

Et pour tout ce qui tombe par terre, la solution testée et approuvée c’est d’avoir un chien 😂

Mais sinon, vous pouvez aussi prendre des poules, faire un compost… ou simplement avoir une poubelle.

3. Toujours le nez débouché

Vous avez déjà mangé avec le nez bouché ?

C’est une horreur, d’une part parce qu’on est obligé de manger la bouche ouverte parce qu’on galère à respirer en même temps qu’on mâche… Et d’autre part parce qu’on sent beaucoup moins bien l’odeur (normal!) et le goût des aliments.

Vous saviez que 80% du goût provient en fait des odeurs qu’on sent ? L’odeur de ce qu’on a en bouche passe par l’arrière du nez (voie rétro-nasale) et s’associe au goût pour créer notre perception de l’aliment.

Quand c’est nécessaire, essayez de moucher l’enfant / lui faire un lavage de nez avant de passer à table, pour des repas bien plus agréables pour lui comme pour vous !

Et si le nez bouché est quelque chose de récurrent chez l’enfant, même lorsqu’il n’est pas malade, même lorsqu’on est en plein été, c’est important de consulter pour en trouver l’origine (allergie ? végétations ?…)

4. Proposer des couverts adaptés

Débuter la diversification du tout-petit signifie faire rentrer des aliments dans sa bouche, mais aussi généralement, l’ustensile qui les porte, ces aliments !

Pour que tout se passe au mieux, surtout dans les premières semaines, il est préférable de lui proposer une cuillère adaptée à la taille de sa bouche, et de préférence assez souple.

Voici quelques exemples :

Diversifier l’enfant avec des purées et des compotes ne veut pas dire qu’il reste passif pendant que vous lui fourrez dans le bec des cuillerées bien remplies et qu’il a juste à ouvrir et fermer la bouche

Petit conseil quand vous donnez à manger à bébé à la cuillère : essayez d’éviter de racler la nourriture contre ses gencives ou ses lèvres. L’idéal est de le laisser lui-même fermer ses lèvres et vider la cuillère en se reculant pour qu’il soit acteur. Ça lui permet de renforcer le tonus de sa sphère orale.

Très souvent, les petits veulent toucher ce qu’il y a sur la cuillère mais aussi prendre la cuillère et essayer de faire seuls.

N’hésitez pas alors à proposer une seconde cuillère à l’enfant pour qu’il manipule et « s’entraine » en même temps que vous lui donnez.

Il existe aussi les « pré-cuillères » Num Num, qui sont vraiment chouettes pour deux raisons :

  • elles sont faciles à tenir et à manipuler pour le tout-petit, et peuvent même servir de hochet de dentition avant la diversification pour stimuler la sphère orale et solliciter les mouvements linguaux.
  • contrairement à une cuillère « classique », elles n’ont pas besoin de sens. Elles ont une surface texturée qui permet de retenir les purées même lisses et donc sont utilisables facilement pour le tout-petit.

Puis, pour les plus grands, il y a également beaucoup choix, voici deux exemples :

5. Gérer les quantités

Et bonne nouvelle : vous pouvez lâcher prise aussi de ce côté-là !

Vous aurez toutes les recommandations dans le carnet de santé mais aussi sur le site mangerbouger.fr (rubrique diversification alimentaire).

Toutes ces informations sont données de façon théoriques. Ne vous inquiétez pas si à certains repas tout ne se passe pas comme dans les recommandations !

Pour vous aider, il existe un petit accessoire astucieux que j’ai découvert il y a peu : les Dosies, 5 cuillères doseuses pour vous aider à donner les bonnes quantités de légumes, féculents, protéines… en fonction de l’âge de bébé (de 4 à 24 mois).

Elles sont vendues avec livret explicatif pour vous donner les indications selon les âges, mais vous pouvez aussi acheter le livre qui va avec Ma diversification avec les Dosies, c’est parti !

Pour info : -5€ pour votre première commande chez Ma Petite Assiette en passant par ce lien (et 5€ pour moi aussi car je serai votre marraine !)

6. Proposer les premiers morceaux

Même si l’ enfant est en diversification « classique » (purées), s’il se tient bien assis dans sa chaise (après 6 mois), vous pouvez lui proposer des premiers aliments à la texture fondante, facilement écrasable entre les gencives.

Les dimensions à retenir : surtout pas trop petit !

Longueur d’un tube de colle / doigt d’adulte et diamètre d’une balle de ping-pong / poing de l’enfant.

Quelques exemples :

  • légumes cuits vapeur
  • fruits mous, bien mûrs (fraise, banane, mirabelle, framboise, poire bien mûre, avocat…)
  • potatoes de légumes ou pommes de terre maison, cuites au four (donc ramollies!)
  • boulette de viande, poissons, sardine
  • languette de quiche, ou d’omelette, muffin, flan…

7. Les aliments à risque de fausse-route

Je suis bien placée pour savoir que, en tant que parent, on appréhende toujours de donner les premiers morceaux à nos enfants.

Et je suis sûre que ça vous le fait à vous aussi : la peur de l’étouffement.

Quelques exemples d’aliments auxquels il faut faire attention : tomate-cerise, grain de raisin, knacki, morceaux de pomme, certains bonbons, fruits à coque…

Astuce : vous pouvez les couper dans le sens de la longueur en petits morceaux.

Pour la pomme crue, du fait de sa fermeté et sa forme, il vaut mieux la proposer pelée et rapée avant 1 ans ; pelée et coupée en morceaux jusqu’à 2 ans.

Pour les fruits à coque, vous pouvez dans un premier temps écraser, puis couper lorsque l’enfant grandit (jusqu’à 3-4 ans, avant qu’il ne soit en âge d’en manger seul).

Et pour rester sur ce sujet de risque de fausse-route, je vous propose de voir plus en détail ce que c’est, mais surtout de vous éclairer par rapport à un éventuel danger.

Alors, voici un petit topo rapide.

8. Connaitre la différence entre réflexe nauséeux/fausse route/étouffement

Quand on mange et qu’on avale un aliment, on l’a vu, il doit descendre dans la bonne voie : dans l’œsophage, vers l’estomac.

Et donc, l’épiglotte doit s’abaisser pour protéger la trachée, qui va vers le poumon.

Je vous remets le schéma :

Le réflexe nauséeux

Aussi appelé gag réflex, ou « haut-le-cœur », c’est un réflexe de protection. C’est quand l’arrière de la bouche détecte que les aliments sont trop gros et les fait revenir vers l’avant de la bouche, pour qu’ils puissent être mâchés à nouveau.

Dans ce cas, nous adultes ne devons pas intervenir et laisser l’enfant gérer seul (gardez votre calme, tout va bien se passer 🙂 )

La fausse-route

C’est quand l’enfant (ou l’adulte) a avalé de travers : l’aliment se trouve à l’entrée de la trachée, risque d’arriver au poumon. Donc le corps va se défendre naturellement : il tousse, pour expulser cet intrus qui n’arrive pas dans le bon trou !

Là, comme pour le haut-le-cœur, il ne faut pas intervenir (pas de tape dans le dos ! Ni de doigts dans sa bouche !). Laissez votre enfant gérer, sa toux parviendra à dégager l’aliment.

L’étouffement

C’est LE truc le plus redouté dans la diversification de notre enfant. C’est la partie la moins fun de l’article, après promis, c’est plus sympa.

C’est quand un aliment s’est coincé dans la trachée et est bloqué.

Les signes : pas de toux, incapacité à pleurer ou produire des sons, difficulté à respirer, peau qui devient bleutée. Peut aller jusqu’à la perte de conscience si le blocage n’est pas dégagé. L’enfant plus âgé peut se prendre la gorge avec une main.

Que faire ?

Attention, je vous donne ces infos de manière partielle et non exhaustive. L’idéal est de se former ou d’être formé(e) aux gestes de premiers secours.

Appeler le SAMU 15.

Dans un premier temps, 5 grandes tapes dans le dos pour essayer de déloger le morceaux. Puis la manœuvre de Heimlich avec des poussées abdominales. Pour le tout-petit de moins d’un an, la manœuvre est différente, je vous en mets une illustration :

Mais rassurez-vous, ces situations restent rares. Notre corps est conçu pour éviter de se retrouver en situation d’étouffement.

Le réflexe nauséeux est une première protection, la toux lors d’une fausse-route en est une deuxième.

Donnez-lui des aliments sécuritaires (cf. point n°6), laissez-le gérer, observez-le, il se débrouille comme un chef !

Et si un aliment le met en difficulté, retirez-lui.

Faites-vous confiance et faites confiance à votre enfant, tout en restant vigilant.

9. Pour boire : le plus simple est le mieux

Vous trouverez tout un tas de biberons, petites tasses à bec, systèmes ingénieux…

Alors, certains sont très pratiques, ça ne se renverse pas ou peu, l’enfant peut se débrouiller seul… Mais il faut savoir que les tasses à bec ou les biberons l’obligent à mettre sa langue en bas dans sa bouche, ce qui est à l’inverse d’une déglutition normale au verre.

L’idéal, selon moi c’est de proposer directement un petit verre avec de l’eau.

Ici, nous adorons les verres Babycup : les verres sont adaptés à la main de l’enfant et il peut assez vite faire seul. Au départ avec quelques millimètres d’eau, puis progressivement rempli normalement.

10. Bonne installation et bonne ambiance !

Position : assis, dos bien droit (90°).

Vous avez déjà essayé de manger à moitié couché, vous ? De plus, la position semi-allongée risque de favoriser les fausses routes.

Pieds : posés sur une tablette

Vous avez déjà essayé de manger les pieds dans le vide, vous ?

Ambiance : sereine, calme, détendue : rien de tel pour faire passer le message à bébé que les temps de repas, c’est chouette.

Bon, je sais que quand petit bonhomme tape dans l’assiette, se fourre les petits pois dans les trous de nez ou se sert de son assiette comme d’un frisbee, l’ambiance peut être tout sauf détendue !

Mais vous voyez l’idée quoi.

Par exemple, vous pouvez sûrement aborder un peu plus tard avec votre conjoint.e votre dernière réunion avec votre collègue relou qui vous donne envie de l’appeler par tout un tas de noms d’oiseaux ou la dernière réflexion de belle-maman au dîner de dimanche dernier.

Un autre truc également : évitez les écrans (quels qu’ils soient) durant les repas. D’une parce que du coup, plus personne ne se parlera, hypnotisé par les images qui défilent. De deux parce que, c’est prouvé, quand on regarde la TV ou son smartphone pendant le repas, on mange plus, sans s’en rendre compte.

Alors, gardons la ligne et attention au piège !

11. Montrez l’exemple 🙂

Pour 2 raisons !

Déjà, c’est sympa, pour vous comme pour l’enfant, si vous pouvez manger ensemble, en même temps : il vous verra manger et aura envie de vous imiter et de faire comme vous.

Mais aussi, il est évident que si vous vous payez une belle pizza 4 fromages pendant que vous lui donnez à côté des brocolis cuits vapeur, ça risque d’être un peu compliqué.

Il faut l’accepter, si vous voulez qu’il mange « bien », « sainement », vous allez devoir lui montrer.

Les enfants apprennent tout par imitation. S’il vous voit manger des haricots, il y a beaucoup plus de chances qu’il accepte d’en manger quelques uns dans son assiette !

Bon, après, je sais que ce n’est pas toujours facile…

Pas de culpabilité, on fait ce qu’on peut !

12. Faire confiance en l’appétit de votre enfant

Je vous propose quelques mises en situation et mon avis sur la question !

Il ne veut pas finir son assiette ?

Ca n’est pas si grave…

Quand vous vous servez votre assiette, vous savez, vous, si vous avez très faim ou pas, si vous préférez manger plus de frites que de légumes, si vous voulez trois ou six boulettes de viande…

Hé bien votre enfant, il le sait sûrement, lui aussi (ou pas, en fait !), mais comme il ne peut pas se servir lui-même, ben il va faire avec ce que vous lui donnez ! Il va s’adapter, mais du coup il ne mangera peut-être pas tout-tout, et ça n’est pas si grave.

Inutile donc de forcer, ou de punir.

L’idéal : qu’il mange à sa faim. Ni trop, ni trop peu.

Il ne veut même pas goûter ce que vous lui avez servi ?

Mais comment saura-t-il s’il aime bien ou pas, s’il ne goûte pas ?

Hé bien je vous retourne la question.

Avez-vous déjà voulu goûter des huîtres / escargots / cuisses de grenouille / insectes ?
Hé bien comment pouvez-vous savoir si vous aimez ou non ?

Et en plus, forcer à goûter, c’est envoyer le message qu’il y a un truc louche. « Il me force à goûter, mais pourquoi il faut absolument que je le fasse ? Ça me donne encore moins envie de le faire ».

Petite info en passant : nous sommes programmés pour ne pas aimer ce qui est vert. Pourquoi ? Parce qu’il y a des millions d’années, manger une plante verte pouvait être toxique et fatal. Il fallait donc nous méfier des choses vertes qui pouvaient potentiellement nous empoisonner.

Donc, suggérer de goûter, d’en prendre un peu, oui.

Forcer sous menace de punition ou autre, non.

Si l’enfant refuse de goûter ce que vous lui proposez, vous pourrez tenter une prochaine fois, puis une autre, et encore une autre. A force de voir l’aliment, il s’y habituera. Et sûrement un jour, il acceptera d’y goûter.

Et même si c’est possible, vous pouvez proposer l’aliment sous une autre forme (par exemple : carotte cuit vapeur en morceaux, frites de carotte, purée de carotte…)

Il a besoin de s’habituer à voir, sentir, toucher, et de voir que vous en mangez aussi pour finir par accepter.

Il ne veut plus de son plat mais réclame un dessert ?

Quel petit malin ! Mais, il a le droit de manger un dessert, non ?

S’il est bien évident que le sucre reste à consommer avec modération, il n’est pas nécessaire de punir l’enfant de dessert.

D’une part, parce que, comme nous, il peut ne plus vouloir de son plat mais avoir envie de terminer le repas par une note sucrée.

Mais d’autre part, parce que punir de dessert sacralise le côté sucré genre le dessert est le Saint Graal à obtenir donc il va devenir encore plus accro à ses desserts.

Vous pouvez donc le laisser terminer son repas tranquillement.

« Avant j’avais des principes, maintenant j’ai des enfants » est mon mantra !

Et on peut faire la même pour les pros : « Avant j’avais des principes, maintenant je suis professionnel de la petite enfance » !

Voilà pour cette partie « faire confiance à l’enfant », qui peut parfois dérouter je vous l’accorde.

Allez, encore un autre code à casser :

13. Autoriser à recracher

Recracher est au repas, ce qu’effacer est à l’écriture.

Il a fait une erreur, il a un problème : il va tenter de rattraper le tir.

Il a testé, goûté, mais ça ne lui convient pas, il n’aime pas, quelque chose le gène… Il peut recracher, et ce n’est pas grave.

Si vous voulez qu’il goûte, qu’il teste, qu’il essaie… Il faut lui permettre de faire ressortir les aliments de sa bouche.

Ce que vous pouvez faire en revanche, c’est lui apprendre à « bien » le faire. Sur un papier d’essuie-tout, au-dessus de la poubelle s’il est plus grand… histoire qu’il ne le fasse pas en plein milieu de son assiette ou du plat familial !

14. Cuisinez ensemble !

N’hésitez pas dès tout-petit à faire participer l’enfant à la préparation des repas ou des goûters. Il pourra découvrir les aliments bruts, les différentes façons de les cuisiner, les ustensiles…

Il pourra toucher, mettre à la bouche, goûter, sentir, mélanger…

Alors, sur le papier, ça a l’air tout beau, tout mignon… Mais je sais bien que ça n’est pas toujours si facile ! Que déjà, parfois, on ne cuisine pas, on décongèle un truc tout prêt qu’on balance au four et basta.

Parfois, on bosse en structure et ils sont 25 dans la section, donc pour un petit moment calme de préparation d’un gâteau… on reviendra en période de Covid quand il n’y en aura 90% qui seront absents ! (et puis en période de Covid, on ne pourra plus les faire cuisiner en fait…)

Parfois, on n’a pas le temps, on n’a pas envie qu’il y en ait partout, on veut que ça aille vite… Et c’est ok !

Mais quand c’est possible et quand vous le voulez, ça va lui permettre de découvrir plein de choses, et de participer, d’aider, de passer du temps avec vous !

Si vous pouvez, vous commencez à préparer un peu en avance. Comme ça vous laissez un peu de marge pour les imprévus !

A ce sujet, découvrez mon article Astuces langage au quotidien #1 : en cuisine !

Avant de terminer, je voulais vous parler de deux difficultés qu’on peut rencontrer au sujet des repas de l’enfant.

15. Connaitre la néophobie alimentaire 

La néophobie alimentaire est phase durant laquelle l’enfant va changer son comportement alimentaire : lui qui aimait goûter et manger de tout, commence à trier, à refuser, à sélectionner les aliments qu’il va mettre en bouche, surtout les fruits et les légumes.

C’est une phase normale et transitoire, mais qui peut durer tout de même un petit moment (quelques mois à quelques années !)

Elle commence autour de 2 ans, en même temps que la période du « non » (cette FAMEUSE période du « terrible two », quand l’enfant refuse TOUT).

Il n’y a pas grand chose à faire, à part tout ce qu’on a dit plus haut, et notamment ne pas forcer, ce qui risquerait d’avoir l’effet inverse et d’encore plus braquer le petit loulou !

Essayez de respecter ses choix, de lui montrer que vous mangez de tout, de préparer le repas avec lui pour lui faire aimer les repas et les légumes !

Si la néophobie alimentaire est une phase classique, transitoire et normale, il existe aussi le trouble de l’oralité, qui lui nécessite une attention particulière.

16. Connaitre le trouble de l’oralité alimentaire

Le trouble de l’oralité alimentaire (TOA) se manifeste par des difficultés de l’enfant à s’alimenter.

Soit ce trouble se manifeste dès la naissance (difficulté à prendre le sein et/ou le biberon) ;

Soit il se manifeste lors des grandes étapes de la diversification : passage à la cuillère, passage aux morceaux.

Concrètement, on observe parfois des enfants à 16 mois ou plus, qui n’acceptent de manger aucun morceau.

Ce trouble peut venir de plusieurs facteurs, que je ne détaillerai pas ici parce que ça serait beaucoup trop long !

Les conseils que je viens de vous donner dans cet article peuvent vous aiguiller.

La chose à retenir : lorsque l’enfant a un trouble de l’oralité, il ne fait pas exprès et il a besoin d’être accompagné.

N’hésitez donc pas, au moindre doute, à en parler avec votre pédiatre, et consulter un professionnel formé en troubles de l’oralité alimentaire : orthophoniste, mais aussi ergothérapeute, ou encore consultante en lactation si la difficulté vient de la succion au sein. Un bilan ORL peut être nécessaire également.

Je vous ferai un prochain article pour en parler plus en détail 🙂

17. Quelques références

Comment et quand proposer les aliments allergènes ?
Faut-il commencer le repas par le lait ou par les purées ?
Comment et quand introduire les fruits à coque ?
Quelles huiles choisir, pourquoi, comment les intégrer dans les préparations ?
Mon bébé est-il prêt à manger de nouvelles textures ?

Vous aurez toutes les infos sur le site MangerBouger

Avec le petit Guide de la diversification alimentaire à télécharger : Pas à pas, votre enfant mange comme un grand

Mais aussi dans ces vidéos : Les tutos pour la diversification alimentaire de l’enfant de moins de 3 ans

Et enfin, vous avez également beaucoup de conseils dans le carnet de santé de votre enfant.

Vous avez aussi le site Allo ortho pour tout ce qui concerne les difficultés d’alimentation, oralité, voix, respiration, déglutition, mastication… Explications et conseils d’orthophonistes !

Le nouveau livre de Marie Ruffier-Bourdet (@ergomums sur instagram) : Mes premiers repas avec plaisir et sans stress

Si vous voulez vous lancer dans l’aventure DME, je vous suggère ce livre :

Et au sujet de la DME, vous pouvez suivre ces deux comptes Instagram d’orthophonistes qui en parlent et qui proposent des ateliers : Fanny @la_vie_dune_maman_ortho et Anna @seedsandcarry

Enfin, que vous soyez parent ou professionnel de la petite enfance, je vous recommande la lecture de ce livre très intéressant, dans lequel vous trouverez de nombreuses infos concernant les repas (certaines que j’ai déjà évoquées ici, mais beaucoup d’autres aussi !) Pour ou contre, les grands débats de la petite enfance à la lumière des connaissances scientifiques d’Héloïse Junier :

18. Dé-cul-pa-bi-li-ser 🙂

On arrive presque à la fin, et avec ce dernier point, je veux vous faire passer un message de bienveillance, surtout aux parents (ça peut paraître bisounours, mais je sais que quand on est parent et plein de doute, ça peut faire du bien !)

Vous le savez et je le répète souvent, « avant j’avais des principes, maintenant j’ai des enfants ».

On fait de notre mieux, vous faites de votre mieux.

C’est loin d’être toujours parfait…

Parfois votre enfant n’aura pas de légumes, parfois il n’aura pas mangé grand chose ou au contraire il aura trop mangé de choses pas très saines… Parfois vous lui aurez donné un plat préparé, parfois vous lui aurez fait un dîner aux céréales et lait… Parfois il n’aura mangé que des pâtes sauce tomate, des knakis ou du Mc Do…

Bref, on n’est pas parfait et on fait comme on peut. Avec 4 repas à assurer par jour, le rythme n’est pas toujours facile à tenir et on a le droit de flancher, tant que ça reste temporaire.

Le tout est d’en avoir conscience et de pouvoir rectifier le tir.

Parfois même, vous lui aurez cuisiné des supers trucs, bons et équilibrés, et il n’y touchera pas (les boules !) ou il n’aura mangé que les pâtes, sans toucher au reste.

Rassurez-vous. Il y a la belle théorie sur le papier et la réalité. Et quand on est parent, qu’on a mille chose à faire dans la semaine, on fait de notre mieux pour assurer les repas. Et c’est déjà super !

Et c’est sur ces quelques mots bienveillants que je vais finir cet article !

En conclusion

En attendant, n’oubliez pas que la première référence pour vous accompagner dans la diversification de votre tout-petit reste votre médecin ou pédiatre. N’hésitez pas à consulter, à poser vos questions, et à demander de l’aide si certaines choses ne se passent pas très bien.

D’autres articles suivront sur ce sujet, n’hésitez pas à vous abonner à la newsletter (tout en bas de la page !)

Et vous, quels conseils avez-vous apprécié ? En auriez-vous donné d’autres ?

A très vite,

Nathalie

PS : Certains liens de l’article sont affiliés, c’est à dire que si vous commandez en cliquant sur ces liens, vous payez le même prix qu’ailleurs, mais une toute petite partie de la somme me sera reversée.
J’ai volontairement choisi des enseignes de qualité (auprès desquelles j’ai moi-même déjà commandé) : librairie Eyrolles, Bébé au naturel pour éviter le géant Am*z*n.
Vous pouvez aussi commander ailleurs, vous faites ce que vous voulez 🙂

J’ai aussi choisi quelques articles de Ma petite assiette, boutique en ligne française experte dans la diversification alimentaire de bébé. En cliquant sur ce lien pour votre première commande, vous aurez 5€ de réduction, et je bénéficierai de 5€ en bon d’achat également !
Si vous passez par ces liens, merci ❤️

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  1. Encore un article très intéressant.
    Détaillé, sans être lourd à digérer.
    J'ai beaucoup aimé le schéma et les explications "comment ça marche" au tout début.

    MERCI

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