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Proposer le jeu libre à un enfant : 11 clés pour tout savoir !

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Dernière mise à jour le juillet 11, 2022

Avez-vous déjà observé votre enfant en train de jouer ?

Pas juste vite fait entre 2 textos, la commande du drive en cours et le repas à surveiller (même si en effet, ça ressemble pas mal à notre quotidien de parent !)

Non, vraiment, l’observer quand il joue tout seul.

Que fait-il ? Quels jouets ou objets utilise-t-il ?

Que font ses mains ?

Qu’est ce qui l’intéresse ?

Vous avez peut-être déjà remarqué…

Quand vous lui proposez une activité que vous avez préparé, « cadrée » ou « dirigée », il y passe quelques minutes, mais ne se focalise pas dessus.

Quand vous lui donnez un jouet ou que vous lui suggérez de faire tel jeu, il ne s’y intéresse pas.

Mais lorsque c’est lui qui commence à faire quelque chose, alors là vous ne l’entendez plus. Il est absorbé pendant des dizaines de minutes, voire des heures.

Quand on dit que les petits ont une attention limitée à quelques minutes, c’est bien faux !

Si c’est quelque chose qui les intéresse, ils peuvent rester focalisés pendant longtemps, et y revenir plusieurs fois à différents moments.

Pas plus tard que ce matin…

J’ai pu voir ma fille Mélodie, 2 ans, passer un temps incroyable à enfiler des grosses perles sur des ficelles.

Sa grand sœur faisait du bruit, prenait d’autres jouets pour attirer son attention… La chienne aussi tournait autour, sautillait, à la recherche d’un petit moment de jeu comme elles aiment tant toutes les deux.

Rien n’a fonctionné ! Mélodie restait là, focalisée sur ses perles et ses ficelles.

Parfois, elle s’arrêtait en disant « rega’de maman! ». Puis, elle poursuivait. Que je réponde ou non, ça ne l’empêchait pas de reprendre. Imperturbable.

Ce qui est marrant, c’est qu’il y a à peine 1 mois de ça, je les avais déjà sorties, ces perles. Je lui avais montré comment les mettre dans la ficelle. Elle avait essayé, mais ça ne semblait pas encore facile pour ses petites mains. Elle avait donc laissé ça de côté et avait sorti d’autres jouets.

Puis, d’elle-même, elle y est revenue. Elle a sorti la boîte et s’est mise à y jouer toute seule, spontanément.

Le fameux jeu de perles !

Toutes les découvertes se font comme ça

Depuis sa naissance, j’ai pu observer des périodes régulières comme celles-ci :

  • La phase où elle s’amusait à mettre des objets ou jouets dans des boîtes puis vider, transvaser, y compris la terre des plantes (que malheureusement j’ai du mal à garder en vie, et pas qu’à cause de Mélodie), le contenu des assiettes ou des verres, sur la table comme par terre ; et le contenu des boîtes de crayons ou de jeux, un peu partout dans la maison.
  • Celle où elle cherchait à tout empiler, des cubes comme des pots de yaourts ou compotes. Parfois ouverts…
  • Celle où elle voulait tout déchirer, y compris avec notre déclaration de revenus (faut se mettre au dématérialisé, t’sais !).
  • Celle où elle utilisait des crayons pour faire des traits partout. Y compris sur toutes les feuilles de ma comptabilité 2021, notre table de salon ou les murs de notre chambre.
  • Celle où elle voulait coller et décoller des gommettes… Y compris sur la facture du garagiste.

Etc.

Je pourrais continuer comme ça des heures. Et c’est peut-être des choses que vous avez déjà pu observer vous aussi ?

No Panic. Tout est normal, même si pas toujours facile à gérer ! Comme je dis toujours « ça finira par passer ».

Ces périodes, bien que légèrement déconcertantes ou horripilantes par moment sont essentielles pour l’évolution de votre tout-petit. Et elles sont fortement favorisées par le jeu libre.

Dans cet article, je vais vous expliquer pourquoi c’est important, mais surtout, comment gérer.

Voici mes 11 clés pour favoriser le jeu libre de votre enfant et l’accompagner au mieux.

Vous ne savez pas c’est quoi le jeu libre ? Pas de soucis, on l’aborde en Clé n°2. Mais tout d’abord, parlons du jeu, tout simplement !

Clé n° 1 : Le jeu, indispensable pour votre enfant

Dès tout petit

Au départ, l’enfant tout-petit ne maîtrise ni ses mouvements, ni les objets qui l’entourent, ni ce qu’il peut faire avec les objets.

Il va donc commencer par se familiariser avec les choses qui sont présentes autour de lui avec ses mains, sa bouche et ses 5 sens (toucher, vue, goût, odorat, ouïe).

Son objectif : découvrir les propriétés physiques des objets :

  • les textures (lisse, granuleux, fibreux, râpeux, piquant, doux, rugueux, humide, soyeux, collant etc.)
  • les consistances (dur, mou, moelleux, friable, gluant, etc.)
  • les matières (bois, métal, plastique, tissu, papier, carton, cuir, etc.)
  • les températures (froid, chaud, tiède)
  • les formes
  • les tailles
  • les couleurs…

En fait, ce qu’on prend pour des gestes banals (prendre un jouet, le mettre à la bouche, le secouer…) sont en fait de véritables expériences scientifiques pour votre enfant !

Il va progressivement expérimenter différentes actions qu’il peut effectuer sur les objets : toucher, serrer, frotter, appuyer, taper, lancer, faire rouler, transporter, remplir, vider, porter à la bouche,
mordre, empiler, malaxer, séparer, rassembler…

Il va également effectuer une même action sur différents objets : lancer un jouet, une peluche, une cuillère, une chaussette…

Bien plus de détails et de conseils dans mon livret Bébé, dis-moi comment tu joues à télécharger ici :

Comprendre, prendre confiance et se fixer des objectifs

A force de reproduire des actions sur des objets, et de constater les effets, votre enfant va établir des régularités, extraire des lois et construire des certitudes.

Il va pouvoir anticiper les résultats de ses actions : il saura à l’avance ce qui va se produire lorsqu’il fera quelque chose.

« Si je lâche ma cuillère depuis ma chaise haute, elle tombera et j’entendrai le bruit lorsqu’elle arrivera au sol ». « Si je pousse cette balle, elle va rouler ».

Vous pouvez l’observer dans son regard, lorsqu’il sourit déjà avant de lâcher son objet car il sait qu’il va tomber (et que vous allez râler doucement mais finir par lui ramasser gentiment)… Ou avant d’appuyer sur le bouton car il sait que ça va allumer cette petite lumière (alors que ça fait 100 fois que vous lui avez déjà dit d’arrêter de jouer avec ça!)

En se focalisant sur les résultats de ses actions, votre enfant pourra alors se fixer des objectifs à atteindre ou des problèmes à résoudre. « Je mets des cailloux pour remplir le seau », « J’empile les cubes pour faire une tour ».

Le jeu symbolique

Progressivement, votre loulou va être capable de détourner le matériel de son usage premier.

Les cailloux deviennent des bonbons, le chausson porté à l’oreille est un téléphone. La brosse à cheveux sera utilisée comme micro pour chanter. Les crayons et stylos posés sur des feuilles deviennent des personnages qui sont en train de dormir dans leur lit…

Et il va pouvoir élaborer des scénarios de jeu, prendre un rôle fictif, utiliser des personnages… :

« Ces petits cailloux sont des bonbons pour mes poupées, j’en mets plein dans le seau car je veux les amener là-bas pour leur donner à manger. »
« Je fais une tour avec les cubes, c’est le château du bonhomme qui est le roi : cette autre tour plus petite est une maison pour l’autre personnage. »
« Je suis la maîtresse et toi tu es l’enfant, allez, tu t’installes et je te donne des feutres »…

Et le voilà arrivé au jeu symbolique !

En parallèle de tout ça, il va développer plein de compétences : le langage, la réflexion, l’organisation spatiale et temporelle, l’anticipation, les premières notions mathématiques

Et le voilà paré pour ses premiers apprentissages !

Et tout ça ne pourra se développer qu’avec du jeu libre.

Clé n°2 : Le jeu libre, c’est quoi ?

Le jeu libre c’est tous les temps de jeu pendant lesquels l’enfant n’a pas de contrainte ni d’objectif imposé par un adulte : il laisse libre cours à son imagination et à ses envies pour manipuler, créer, construire, organiser ou élaborer des scénarios.

C’est l’opposé d’une activité dirigée ou d’un jeu de société où il faut respecter des règles.

Quelques exemples : transvaser, empiler, construire, bricoler, dessiner, se déguiser, jouer à la dînette, aux poupées, aux petites voitures, à la maîtresse, à la marchande, à la ferme, à Maman Papa, au docteur, aux Kaplas, aux Playmobils, aux Legos, aux Barbies, jouer dans le sable dans la terre ou dans l’eau… Le jeu libre, c’est illimité !

Pourquoi c’est bien ?

Justement parce que l’enfant va faire exactement ce qui l’intéresse à l’instant T.

En le laissant aller à son rythme, vous lui permettez de développer naturellement les étapes de son jeu : passer des premières expériences et découvertes, pour en arriver à un jeu plus élaboré, avec des scénarios.

Il aura l’envie de découvrir, de comprendre, d’élaborer des certitudes et de s’approprier les objets qu’il a autour de lui pour les utiliser dans un scénario de jeu.

Ma petite Mélodie dont je vous ai parlé juste avant, il y a un mois, les perles elles ne les regardait même pas. Mais aujourd’hui, elle passe ses journées à les utiliser et à y revenir inlassablement.

Et donc, le mois dernier, quand je lui ai proposé, j’aurais pu insister. « Mais si, ma chérie, les perles c’est une super activité, allez, reviens, on en fait ». Mais quel intérêt, puisqu’à ce moment-là, elle n’était pas à l’aise avec et n’avait pas envie de les utiliser...

Si un adulte est toujours « sur le dos » de l’enfant, à lui dire quoi faire, le petit devient dépendant, passif et finit par ne plus savoir quoi faire seul.

Cet article peut vous intéresser : Faut-il « stimuler » votre bébé ? (article + vidéo)

C’est même valable pour vous !

Et finalement, tout ça c’est aussi valable tout au long de la vie et même pour nous adultes.

Si là tout de suite, je vous dis que vous devez apprendre le chinois parce que quand même, c’est important pour vous. Vous me dites quoi ?

« Et pourquoi je ferais ça ? Je n’en ai pas envie et je n’en vois pas l’intérêt ! »

Et comme je vous comprends !

En revanche, si votre frère part vivre à Pékin parce qu’il y a rencontré l’amour de sa vie, et si vous décidez d’aller lui rendre visite, vous allez probablement avoir envie d’apprendre les bases du Chinois.

Dans le premier cas, vous ne voyez pas l’intérêt, vous faites à reculons et la démarche a peu de chance d’aboutir. Dans le second, vous êtes motivé et donc vous atteindrez probablement vos objectifs sans difficulté !

Alors, concrètement, comment proposer le jeu libre ?

Clé n°3 : Favoriser le jeu libre du tout-petit

La motricité libre

Le jeu libre commence en laissant votre tout-petit en motricité libre, sur le dos, sur son tapis de jeu et avec des jouets à proximité. Libre de ses mouvements, il pourra progressivement développer sa motricité pour se retourner sur le ventre, ramper, se mettre à quatre pattes, puis assis et
enfin se tenir debout et marcher.

Vous pouvez lire mon article De la naissance à la marche : 12 conseils pour favoriser la motricité de bébé.

Parallèlement au développement de sa motricité globale, il commencera à prendre et manipuler les objets qui sont à sa portée, et en faire ce qu’il en veut : il perfectionnera sa motricité fine.

Et on lui donne quoi, alors ?

A notre époque de la société de surconsommation, des magasins de jouets débordant de partout, quoi de plus difficile que de choisir un jeu pour un enfant, plaisant, adapté, qu’il n’a pas déjà en 5 exemplaires ?

Je ne vais pas faire ici l’inventaire de ce qui est intéressant comme jouets ou non. Seulement, je vais vous proposer de regarder les jouets sous un autre angle, selon l’âge de votre enfant.

Les jouets (0-24 mois)

On l’a vu, les jouets permettent au tout-petit d’effectuer différentes découvertes et expériences afin de comprendre et maîtriser les possibilités de son corps et de ses mains :

  • découvrir les propriétés physiques des objets (texture, poids, etc.)
  • effectuer différentes actions avec ces objets

Dans cette optique, plutôt que de penser « jouet », mieux vaut penser « actions à faire avec ce jouet ».

Que va-t-il pouvoir faire avec ce jouet ?

C’est un truc qui clignote et fait un bruit affreux quand on appuie sur un bouton ? -> Quelle action fait-il avec ? -> Il appuie sur un bouton. Super, mais on peut sûrement trouver mieux en terme d’actions et de découverte !

Voici quelques exemples :

  • Mettre dans des boites, vider, transvaser : objets divers en grande quantité : bouchons, cubes, blocs de construction ou même eau, terre, cailloux… + boîtes diverses, cartons, pots…
  • Cacher : tissus, couvertures + objets, tiroirs…
  • Taper : n’importe quel objet n’importe où pour découvrir les différents bruits
  • Agiter : n’importe quel objet – hochet qui fait du bruit, petite bouteille avec du riz/pâtes/maïs crus dedans, maracas
  • Empiler : cubes, blocs de construction, livres…
  • Déchirer : papiers, magazines
  • Transporter : boîtes, sacs, seaux, camions-benne,
  • Enfiler : coton-tige et grosse boîte de lait trouée par exemple puis grosses perles et ficelle
  • Encastrer : jeux d’encastrements, pots gigogne
  • Faire rouler : balles diverses
  • Malaxer, modeler : pâte à modeler
  • Faire des traces, marquer : feutres, crayons, feuilles, craies, tableau…

Liste bien loin d’être exhaustive, mais vous voyez l’idée !

Plutôt que de penser « objet », penser « action » !

Et toujours rester souple, accepter que l’objet ne soit pas utilisé comme c’est prévu (les enfants nous apprennent chaque jour à faire preuve de plus de souplesse !!)

Clé n°4 : Et quand votre enfant grandit

Il pourra jouer avec tout et n’importe quoi puisqu’il adaptera le matériel à sa disposition selon ses préoccupations et son envie du moment (les cailloux représentent des bonbons, la brosse à dent est un micro, etc.) (encore une fois il faut rester souple !)

Puis, il va créer des scénarios de jeux, prendre un rôle fictif, utiliser des personnages…

Du coup, on va pouvoir cette fois-ci distinguer les jouets en deux catégories :

A. Le matériel « non signifiant »

Assez « neutre », il n’induit pas d’actions précises, ce qui permet à l’enfant de laisser libre court à ses idées pour l’utiliser à sa façon :

Cubes, boîtes et pots de toutes formes et tailles, cartons, pots gigogne, bouchons, billes, sable, pâte à modeler, blocs de construction, Kaplas, grosses perles, ficelles, bouteilles, rouleaux d’essuie-tout, tissus… (beaucoup de récupération)

Mais aussi à l’extérieur : cailloux, terre, sable, herbe, feuilles, branches, bois, cocottes de pain (on dit comme ça en Lorraine!), insectes, fleurs, fruits, légumes…

Le matériel non signifiant est essentiel à tous moments du jeu, puisqu’il peut être détourné et utilisé selon les besoins du moment.

Et vous voyez que, souvent, il ne coûte pas grand chose !

D’ailleurs, vous vous souvenez quand nos parents nous disaient qu’ils jouaient des heures avec presque rien ? Hé bien voilà l’explication : ils avaient assez avec ce qu’ils récupéraient à droite-à gauche !

« Ne vous sentez pas gênés par rapport à ceux qui dépensent beaucoup d’argent en jouets et aménagements… Ils ne savent pas que ces dépenses sont non seulement inutiles, mais parfois néfastes »

Chantal de Truchis – L’éveil de votre enfant, le tout-petit au quotidien

B. Le matériel signifiant

Il s’agit des jouets qui représentent des choses de la réalité.

Pour faire semblant, ils seront utilisés au départ en simple imitation, et seront petit à petit intégrés dans des scénarios de jeux :

Poupées et accessoires, étal de marchand, établi, dînette, petites voitures, camions, matériel de docteur, ferme avec animaux, personnages, instruments de musique, déguisements…

Voilà pour ce petit tour du matériel / des jouets que vous pouvez proposer, vous avez maintenant le recul nécessaire pour choisir les prochains !

Clé n°5 : Les temps de jeu

Le jeu libre vient la plupart du temps spontanément.

C’est votre enfant qui décide de prendre certains objets/jouets et de commencer à les manipuler ou inventer une histoire.

En terme de temps, il a besoin de 3 choses :

  • Des moments libres, pour imaginer, créer, explorer, construire, inventer, comprendre, anticiper…
  • Des temps de jeu qui durent assez longtemps, pour pouvoir développer un jeu élaboré (30 à 45 min). C’est sûr que si toutes les 10 min vous lui faites changer d’endroit, d’activité, etc, il n’a pas le temps de s’approprier quoi que ce soit !
  • Des périodes de jeu fréquentes et régulières, pour pouvoir continuer ce qu’il avait commencé ou initier d’autres jeux.

En théorie, ça n’est pas si difficile. En pratique, forcément, il faut jongler avec les plannings et les contraintes de chacun dans la famille !

Et c’est la même chose pour l’espace !

Clé n°6 : L’espace de jeu

Comment aménager le(s) coin(s) jeu de votre enfant ?

Pour le tout-petit, puisqu’on a évoqué la motricité libre plus haut, le mieux est un grand tapis au sol, sur lequel il est libre de se mouvoir, avec quelques jouets à portée de main.

Lorsqu’il commence à se déplacer, il faudra penser à 2 choses essentielles :

  • Sécuriser l’espace pour lui, pour le protéger des objets et endroits dangereux (escaliers, cheminée, croquettes du chat… c’est du vécu !)
  • Protéger vos objets de valeur (non, ne laissez pas le vase en faïence fragile de belle-maman à sa portée… quoique ?!)

Et ce qui en découle : lâchez prise sur la déco pendant quelques années, ça sera plus simple…

L’idéal est qu’il puisse avoir un espace à lui, où il peut laisser ses jouets sortis (salle de jeux ou chambre), pour pouvoir les laisser et y revenir plus tard s’il le souhaite, sans avoir à tout ranger à chaque fois.

Idéalement, essayez de ne pas mettre trop de jouets à disposition.

Oui, parce qu’une tonne de jouets tout autour de votre enfant va probablement avoir l’effet inverse qu’espéré. Le risque est qu’il soit « happé », avec l’envie de toucher à tout car il y a trop de choses, et qu’il ne puisse pas se poser pour jouer.

Pour limiter cet effet, vous pouvez faire un roulement (certains jouets mis temporairement dans le garage/la cave, et vous les ressortez de temps en temps, pendant que vous y remettez les autres).

Et sinon, pourquoi ne pas en laisser quelques uns chez les grands-parents (s’ils sont d’accord!) pour quand votre loulou y est gardé, qu’il y joue avec plaisir !

Clé n°7 : Et vous dans tout ça ?

Je vous propose 4 axes de réflexion par rapport à votre place dans le jeu de votre enfant.

Attention, ces pistes ne sont pas là pour vous dire « vous devez faire ça et ça, c’est un ordre » ou encore « vous faites mal avec votre enfant » ! Elles ont plutôt pour but de vous faire réfléchir sur ce que vous faites et la façon dont vous pouvez changer de point de vue et éventuellement modifier ou adapter certaines choses !

  • Vous êtes présent, en tous cas à proximité : un enfant ne peut jouer que lorsqu’il se sent en sécurité affective. Donc, le laisser trop longtemps seul sur son tapis de jeu ou dans une pièce sans personne à proximité risque de le déstabiliser, voire l’angoisser et ne favorisera pas des temps de jeux sereins.
  • Votre enfant reste celui qui contrôle le jeu. Si vous faites ou parlez à sa place, vous devenez « l’adulte qui sait », et l’enfant « celui qui ne sait pas et attend que l’adulte fasse ».

    Par exemple : avec de la pâte à modeler : si vous commencez en disant « attends je te fais un bonhomme en pâte à modeler » : votre enfant observe et se dit qu’il est incapable de faire aussi bien, il sera donc réfractaire à faire quelque chose car il saura qu’il n’arrivera pas à réussir comme vous.
  • Accompagner sans imposer : vous observez, restez présent mais « en retrait » en intervenant peu (sauf si votre enfant vous en fait la demande) et restez flexible pour lui permettre d’aller au bout de ses idées.
  • Le petit plus après l’activité : vous pouvez reparler de ce qui a été fait, demander à votre enfant ce qu’il a aimé, savoir s’il voudra recommencer… Vous pouvez dire aussi ce que vous avez aimé, ce que vous aimeriez faire la prochaine fois. Le tout pour permettre une réflexion à propos du jeu, et favoriser le langage.

De temps en temps, vous pouvez proposer des invitations à jouer. Vous connaissez ? C’est dans mon livret :

Clé n° 8 : Et s’il s’ennuie ?

C’est une peur que vous avez peut-être : que votre enfant s’ennuie.

Mais rassurez-vous, l’ennui est bénéfique pour l’enfant ! En s’ennuyant, il apprend seul à être à l’écoute de ses envies, ses besoins, ses goûts… Et il va vite finir par trouver une idée !

Il développe alors son imagination, sa créativité et son autonomie.

C’est une croyance qu’on a nous, adultes, de croire qu’il faut toujours rentabiliser le temps…

Il est bien plus bénéfique qu’un enfant s’ennuie et trouve par lui-même quoi faire, plutôt qu’un enfant qui serait « surstimulé » par d’innombrables activités et qui n’aurait pas de temps pour se (re)poser…

C’est grâce à l’ennui que l’enfant va pouvoir observer toutes ces petites choses de son environnement qui valent le coup d’œil :
Les trajets des oiseaux et des avions dans le ciel, les attitudes de son chat, son chien ou son poisson, les passants et les voitures dans la rue, le trajet de cette petite fourmi qui avance sur la terrasse, l’habileté de l’araignée qui tisse sa toile, l’éclat des rayons du soleil en été, le trajet de la pluie sur les feuilles d’arbre ou les gouttes d’eau qui dégoulinent le long de la vitre, le brouillard, les arbres gelés, la neige en hiver…

Livret Bébé, dis-moi comment tu joues en libre téléchargement

Clé n°9 : Du jeu libre au quotidien

Le quotidien de votre enfant est généralement déjà bien rempli. Et le vôtre aussi.

Dans ces conditions, pas facile de toujours trouver du temps pour jouer !

Alors, rassurez-vous, parfois le jeu libre peut se mettre en place dans des moments « imposés ».

Par exemple, votre enfant peut profiter des moments de bain pour s’amuser pendant des heures dans l’eau.

Il peut jouer à transvaser, faire couler l’eau fort/doucement, regarder l’eau couler le long de la baignoire. Faire des vagues, regarder ce qui coule ce qui flotte, mettre des personnages dans l’eau. Mettre du savon pour faire de la mousse, jouer avec la mousse, sentir l’eau froide, l’eau chaude. Enfermer l’eau dans une boite, mettre l’eau dans une boîte en plastique à épices pour la faire couler par les petits trous…

Autre exemple : les temps de repas.

Alors, bon, « on ne joue pas avec la nourriture » me direz-vous. Certes. En revanche, les repas sont de supers temps d’éveil et de découverte pour votre enfant !

Il va prendre avec les doigts, découvrir les textures, les formes, les goûts, le plaisir de mettre en bouche, de sentir les volumes, de refaire sortir de la bouche, de poser à côté de l’assiette, faire tomber par terre (!)…

Pendant les repas, quelques conseils : dans la mesure de l’acceptable pour vous, permettez-lui de toucher la nourriture avec ses doigts… ça salit, c’est contraignant, mais ça ne dure qu’un temps et ça lui permet d’expérimenter !

D’autres conseils au sujets des repas de votre enfant dans mon article De la diversification à l’alimentation autonome : 18 conseils pour favoriser les repas de votre enfant

Clé n°10 : Loin des écrans…

Alors, je précise d’emblée que oui, vous pouvez laisser votre enfant regarder/utiliser les écrans.

« Il faut vivre avec son temps ma brave dame. »

En revanche, limiter, gérer, superviser, c’est hyper important.

Parce que si les écrans prennent toute la place, ça va vraiment freiner le jeu libre, et c’est bien dommage !

Je ne pourrai pas entrer dans les détails ici, je vous renvoie vers mon article Comment gérer sereinement les écrans en famille ?

Clé n°11 : Et le jeu dirigé ?

Les activités avec un objectif final (cuisiner, fabriquer quelque chose…) peuvent bien sûr être proposées. Mais elles doivent rester limitées, notamment avec les plus petits.

En effet, comme elles sont imposées et cadrées par les adultes, elles laissent peu de liberté et de créativité à l’enfant.

Vous pouvez aussi combiner un temps « dirigé » (suivre la recette, les étapes de fabrication) à un temps « libre » (décorer à sa façon le gâteau ou l’objet final).

Quand votre enfant grandit, vous pourrez ensuite lui proposer des jeux avec des règles définies, comme les jeux de société (à partir de de 2 ans et demi – 3 ans). Ils sont intéressants car ils permettent d’améliorer l’attention, la concentration, les aptitudes sociales, le respect des règles et la cohésion de groupe (à plusieurs).

Concernant les jeux de société, on peut distinguer notamment :

  • Les jeux coopératifs : on progresse ensemble vers un but commun.
  • Les jeux non coopératifs : on est l’un contre l’autre. Dans ce cas, votre enfant découvre qu’on peut gagner, ou perdre… Et que ça n’est pas si grave de ne pas gagner !

Plus votre enfant grandira, plus ces activités l’intéresseront. Mais elles doivent rester à la demande, pour ne pas grignoter trop de temps de jeu libre.

Finalement, ce que vous pouvez garder en tête, c’est de laisser votre enfant libre. En « jeu libre », lorsqu’il est petit, en « activités libres » lorsqu’il grandit !

Et ma clé bonus : la déculpabilisation !

Je suis bien placée pour savoir que quand on est parent, on a beau avoir la meilleure volonté du monde, on n’arrive pas toujours à faire comme on voudrait.

Toutes les infos que je vous ai données là sont « théoriques », « dans un monde idéal », quand on a le temps…

Mais la vraie vie, c’est pas toujours ça et c’est pas toujours facile.

Jouer, ce n’est pas forcément se lancer dans un jeu qui va durer une heure. Vous n’êtes pas enchaîné à votre enfant plusieurs heures par jour pour jouer jusqu’à ce qu’il ait 13 ans et qu’il vous mette à la porte de sa chambre !

Vous faites de votre mieux et c’est déjà très bien.

Et si vous ne pouvez pas passer beaucoup de temps à jouer, pas de panique ! Ça peut être un moment partagé dans la journée : cuisine, rangement, nettoyage, bricolage, jardinage, bain, courses…

Les mots de la fin

« Rappelez-vous que si vous passez de bons moments d’échanges avec votre bébé, en particulier pendant la toilette et les repas, il sera capable d’en passer d’autres, assez longs, à jouer seul sans tenir compte de vous »

Chantal de Truchis – L’éveil de votre enfant, le tout-petit au quotidien

Je vous souhaite d’excellents échanges avec votre enfant.

Si vous réussissez à prendre un peu de temps, ça vaut le coup et ce sont des chouettes moments de partage ❤️

Et puis, ça passe vite. Bientôt ils auront 18 ans, des poils et une voiture.

Portez-vous bien.

Nathalie

Les liens du livre de cet article mènent vers la librairie Eyrolles et sont affiliés, c’est à dire que si vous commandez en cliquant sur ces liens, vous payez le même prix qu’ailleurs, mais une toute petite partie de la somme me sera reversée. J’ai volontairement choisi une librairie indépendante parisienne, auprès de laquelle j’ai déjà commandé (frais de port à 0,01€ à partir de 35€ d’achat) pour éviter le géant Am*z*n. Vous pouvez aussi commander ailleurs, vous faites ce que vous voulez 🙂

Bébé, dis-moi comment tu joues : le livret à télécharger

Favoriser les découvertes de votre enfant et ses premiers apprentissages

20 pages d'infos et de conseils concrets

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